Statistiques des licenciements collectifs

Depuis 2011, le Ministère fédéral de l'Emploi et du Travail publie chaque trimestre les statistiques relatives aux licenciements collectifs sur le site web www.emploi.belgique.be. Le nombre annoncé de licenciements collectifs en 2017 est étonnamment bas : 3.829. On constate même une diminution de 77% par rapport aux années record 2012-2013 ! L'année 2018 a démarré par une période très difficile au cours de laquelle on a compté plus de 2.405 pertes d'emploi lors du premier trimestre.

Un chiffre fortement influencé par les grandes entreprises.

La tendance à la baisse perceptible en 2017 a été immédiatement interrompue début 2018. Le mois de janvier 2018 a été celui d’une grande restructuration perceptible dans toutes les statistiques : Carrefour a annoncé fin janvier le licenciement de 1.233 employés (sur un effectif global de 9.225). D’autres annonces de licenciements ont eu lieu le même mois, avec entre autres Medtronic (317 licenciements), Nyrstar Belgium (121 licenciements) et Sanoma Media Belgium (96 licenciements). Faire des prévisions ou tirer des conclusions à partir de ces chiffres n’est pas opportun, car une ou deux grosses entreprises comptant de nombreux employés et donc un potentiel de licenciement important peuvent fortement influencer ceux-ci

90 jours en moyenne à la table des négociations

Afin de clarifier les choses : par l’annonce d’un projet de licenciement collectif (article 6 de l’A.R. du 24 mai 1976 relatif au licenciement collectif) on entend l’ouverture de la procédure d’information et de consultation. Au cours de sa première phase, les membres du conseil d’entreprise peuvent poser toutes les questions jugées utiles concernant la restructuration prévue, ainsi que formuler des propositions alternatives pour adoucir les conséquences de celle-ci. Il n’existe pas de limite légale concernant la durée de cette première phase. Le plus souvent, les travailleurs concernés exigent de réduire cette période au maximum pour faire cesser la lancinante incertitude relative à l’identité des personnes licenciées et aux conditions de ce licenciement. Les chiffres de 2017 nous indiquent que la durée moyenne de cette procédure d’information et de consultation est de 90 jours. Environ 60% d’entre elles furent menées endéans les 90 jours et près de 20% endéans les 30 jours. Un peu plus de 25% d’entre elles ont duré plus de 120 jours.

Secteurs les plus touchés : métallurgie, distribution et agroalimentaire.

Au cours de la période allant de janvier 2017 à décembre 2017, et pour ce qui concerne le nombre de travailleurs concernés par l’annonce d’un projet de licenciement collectif, ce sont les secteurs de la métallurgie (Bombardier et Wendt Board), de la distribution (Blokker, Casa et C&A) et de l’agroalimentaire qui ont été les plus impactés. Ici encore, gardons-nous de tirer des conclusions trop hâtives en raison de la distorsion des chiffres provoquée par quelques grosses entreprises.

1.334 emplois sauvés au terme de la procédure Renault

Les chiffres cités plus haut concernent les procédures d’information et de consultation entamées en 2017, mais il est également important de considérer les données chiffrées des procédures d’information et de consultation qui se sont clôturées en 2017. Parmi les 8.124 employés initialement affectés par une annonce de projet de licenciement collectif au sein des 67 unités d’exploitation techniques ayant conclu leur procédure d’information et de consultation en 2017, 6.790 employés parmi eux sont demeurés sous le coup d’un licenciement collectif au terme de cette procédure. La négociation obligatoire entre employeurs et syndicats prévue dans le cadre de la procédure Renault a donc finalement permis de sauver 1.334 emplois.

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